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Disparition

Alber Elbaz, il était une joie

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Le créateur sentimental et généreux, connu pour avoir dépoussiéré l’image de la maison Lanvin pour laquelle il a travaillé pendant quatorze ans, est mort samedi des suites du Covid, à 59 ans. Salué par ses pairs pour «son génie», il venait de lancer sa propre marque, AZ Factory.

Alber Elbaz lors d'un défilé Lanvin, en 2006. (Lydie/SIPA)
Publié le 25/04/2021 à 21h27

Du pur Alber Elbaz : des pyjamas en soie aux imprimés colorés, enjoués et aux intitulés feel good : I Love my Body (J’aime mon corps), Hugs (Câlins), Love from Alber (Avec l’amour ­d’Alber). Ces modèles font partie de la dernière collection proposée par Alber Elbaz. C’était fin janvier, il y a à peine trois mois : il dévoilait là sa nouvelle marque, AZ Factory, qui marquait son retour à la ­création de mode après une coupure de cinq ans. Juste avant le lancement, il disait au New York Times : «C’est comme si j’accouchais. Mes hormones sont en feu. Je pleure et je ris à quelques secondes d’intervalle.» ­Des propos qui lui ressemblent aussi complètement : jamais Elbaz n’a roulé des mécaniques, ni joué le ­créateur perché sur son Olympe, et il avançait sentimental et généreux, à rebours de la férocité dont aime souvent jouer le milieu de la mode.

Cette humanité participe sans ­aucun doute à l’onde de choc suscitée par son décès, annoncé dimanche matin par le groupe de luxe ­suisse Richemont avec lequel il s’était associé pour AZ Factory : Alber Elbaz est mort samedi soir à Paris, au terme de plusieurs semaines de lutte contre le Covid, il avait 59 ans. La désolation est unanime, sans que cela soit pour le coup imputable à la bienséance.

L’ex-­mannequin et désormais créatrice de mode Inès de La Fressange garde «le tendre souvenir d’un homme incroyablement sympathique, chaleureux, et d’une délicate gentillesse». Son ancien assistant Elie To

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