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Couture

A Londres, dans l’exposition «Dirty Looks», la mode expose son linge sale en public

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Vivienne Westwood, Alexander McQueen, Hussein Chalayan ou encore Issey Miyake… Le Barbican Centre a rassemblé des pièces salies, abîmées et même brûlées imaginées par des créateurs de mode. Une fascinante exposition qui questionne la valeur du vêtement et sa durabilité.

Un trench-coat à l'effet cartonné, créé par John Galliano pour Maison Margiela, lors d'un défilé à Paris en 2024. (Courtesy of Maison Margiela)
Publié le 30/12/2025 à 8h54

Il y a d’abord ces bottes en caoutchouc présentées à l’entrée du Barbican Centre. A gauche, la paire de feu la reine Elisabeth II ; à droite, encore tachées, celles d’une autre princesse, de la mode celle-là, Kate Moss : top model habituée du festival de Glastonbury, traditionnellement pluvieux. Les chaussures, faites pour marcher dans la boue, trônent ici en vitrine pour témoigner du «désir de l’être humain de se reconnecter à la terre», rappelle l’introduction de «Dirty looks : Desire and Decay in Fashion» («Silhouettes sales : désir et déclin dans la mode», en français), exposition du Barbican Centre, à Londres, qu’il est vivement conseillé de découvrir avant sa fermeture le 25 janvier 2026. Ce rapport à la nature est l’un des axes de la collection pensée par la curatrice belge Karen Van Godtsenhoven avec Jon Astbury, qui s’intéresse à la déliquescence du vêtement et à la valeur qu’on lui donne dans un monde aux prises avec la crise climatique.

Si la mode évolue dans une recherche permanente de sophistication, elle s’est également penchée sur le sale et les effets du pourrissement. Dans le délabrement orchestré par la main du créateur ou de la créatrice, il y a une forme de résistance à un système qui avance en produisant toujours plus et une façon de défier les standards de beauté. Une quête de spiritualité aussi dans ces vêtements recouverts de saleté que l’anthropologue britannique Mary Douglas (1921-2007) définissait comme «de la matière qui n’est pas

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