Dans le paysage mode français, Jean-Charles de Castelbajac est un cas à part : un précurseur, actif sur de multiples fronts qu’on aura mis cinquante ans à rassembler. Né en 1949, le créateur de mode n’aura jamais été aussi à son aise qu’aujourd’hui dans un monde mutant où l’hybridité est reine. C’est ce que démontre la rétrospective que lui consacrent les Abattoirs, musée de Toulouse, intitulée «Jean-Charles de Castelbajac, l’imagination au pouvoir», en écho au slogan de Mai 68.
L’exposition remet «JCDC» au centre de l’attention, lui qui a été souvent copié et rarement cité. Fasciné par la couleur, amateur de drapeaux, d’histoire, de musique et de cinéma, dessinateur sur papier, mur, trottoir, pavés, depuis peu plongé dans le collage, aristo et fervent catholique, avide de collaborations, Castelbajac a infiltré la mode par des voies diverses et bâti à tâtons «un archipel». Lauriane Gricourt à la tête des Abattoirs a voulu l’exposer après avoir visité «le Peuple de demain» au centre Pompidou en 2021, «un projet très réussi sur la couleur qu’il avait réalisé d’abord pour les enfants». A Toulouse, elle voul




