Est-il possible, en 2023, entre guerre en Ukraine, débat sur les retraites et énième fusillade américaine, de savourer les défilés de haute couture ? Hum… En vérité, on fait ce constat à chaque salve, quel que soit le contexte. Car la haute couture (spécificité française, rappelons-le) est incompatible avec le réel. C’est du moins la conclusion à laquelle mène la majorité des propositions présentées dans cette grande vitrine qu’est la Fashion Week. Lestées d’un hyperluxe pour vie hors sol, elles véhiculent une légèreté de l’être résolument perchée. C’est ontologique, argumentent d’aucuns, car la haute couture est per se patrimoniale, la gardienne du temple, la vitrine de savoir-faire exceptionnels et hors de prix qui, sans elle, disparaîtraient. Et puis, il y a l’argument du rêve et du glamour. Mais pourquoi sont-ils majoritairement datés, empesés ? Certains designers sortent pourtant intelligemment des clous, à commencer par Iris Van Herpen. La Néerlandaise, qui a cette fois immergé sa collection dans l’eau pour une vidéo réalisée avec l’apnéiste et chorégraphe Julie Gautier, en fait un viatique de l’expérimentation – technologique, scientifique, mais aussi des émotions et du sens, jusqu’à l’engagement politique, de l’écologie à la cause des femmes, cette fois les Iraniennes qui bravent le j
Fashion Week
La haute couture sur son art perchée
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Les défilés du printemps-été 2023 se sont clos jeudi à Paris, déconnectés du réel à un point parfois embarrassant.
Au défilé Jean-Paul Gaultier mercredi. (Anne-Christine Poujoulat/AFP)
Publié le 28/01/2023 à 12h15
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