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Le baggy, revanche d’un froc rebelle désormais apprivoisé

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Né dans les prisons américaines et idolâtré par les rappeurs, le baggy revient comme un symbole de liberté retrouvée. Dans un monde qui serre tout, le jean large offre un peu d’air, et un manifeste discret contre la rigidité ambiante.

(Célio 2025)
Publié le 11/11/2025 à 12h11

On l’avait cru mort, enterré sous des tonnes de slim et de stretch. Mais voilà que le baggy, ce jean large popularisé dans les années 2000, fait de la résistance. Et pas timidement : il ne revient pas, il s’étale. Jambes ouvertes dans un vieux canapé façon Al Bundy — télécommande en main, regard narquois —, il nous toise. Même Celio, temple du normcore et de la sobriété, en a fait l’une de ses pièces phares de la rentrée 2025.

Ce pantalon XXL s’invite dans les armoires de la génération Z, celle qui n’a jamais connu MSN, les CD gravés et les décodeurs flashés. Sur les réseaux sociaux, les années 2000 sont devenues un terrain de jeu et le baggy, leur drapeau. Les «Y2K kids» recyclent une décennie qu’ils n’ont connue qu’à travers des GIF pixelisés et des clips flous.

Jeunesse chaloupée

La mode kiffe les revenants… Elle exhumait déjà les charms bags, ces grigris de sacs, puis voilà que le baggy resurgit, symbole d’une époque où le skateur, le punk, le fan de hip-hop et le rat de sound system cohabitaient avec un joint collé au bec et un débardeur filet. A l’époque, les boomers se moquaient de cette jeunesse chaloupée, et même Barack Obama a souri de leur démarche. Derrière ce style, se cache le sagging : l’art d’affaisser le pantalon, importé des prisons étasu

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