Réussir à associer son nom à une couleur a des airs de pouvoir magique un peu suranné. L’exploit a fait rêver nombre de couturiers d’antan. Valentino Garavani, dit simplement Valentino, qui savait transformer le fil en robe, s’en est approprié une : le rouge, dont il a fait des robes de bal pensées pour flamber sur des tapis tout aussi écarlates. Dans cette catégorie très fermée des couleurs couture, on trouve le orange Hermès, le rose shocking de Schiaparelli ou le fuchsia de Christian Lacroix. Le rouge, lui, restera éternellement «valentinesque». Le principal intéressé, clamait : «Je suis Taureau et l’explication est peut-être là !» Ou encore : «Le rouge est une couleur fascinante : c’est la vie, le sang de la mort, la passion, l’amour, le remède absolu à la tristesse, à la morosité.» Sa longue vie durant, Valentino Garavani aura cherché à combattre le calme plat et le terne. La bataille contre l’ennui passa par le travail, qui le vit rester quarante-neuf ans aux commandes de sa maison du même nom, chose peu commune dans la mode où le rythme des saisons épuise les troupes et piétine les inspirations. Valentino, l’un des tout derniers grands couturiers du XXe siècle, est mort, il avait 93 ans.
Né le 11 mai 1932 à Voghera, petite ville lombarde située




