Pneumologue et tabacologue, Gérard Mathern est l’ancien président de l’Institut Rhône-Alpes de tabacologie (Iraat). Celui qui étudie et analyse le snus depuis près de quinze ans revient pour Libération sur cette opération marketing des géants du tabac.
Comment expliquez-vous l’attrait récent des marques pour ces dérivés du tabac à chiquer ?
C’est une nouvelle opération marketing des cigarettiers. Cette campagne pour le snus risque de faire l’effet d’une porte d’entrée vers le tabac et la cigarette pour les jeunes consommateurs. Le tabagisme diminue globalement en Europe, alors les industriels du tabac s’accrochent aux branches. Pour eux, tout ce qui pourra être vendu avec de la nicotine et qui séduit les jeunes est bon à prendre. Ils ont été très inquiétés par la vape, l’ont beaucoup attaquée, avec l’aide de certains auteurs qui écrivent des articles dans de grandes revues. Au bout d’un certain temps, ces publications ont été supprimées, car on a découvert après coup qu’il s’agissait de grosses bêtises, mais le message était déjà passé.
Quid des sachets de nicotine sans tabac également promus à travers ces vidéos sur les réseaux sociaux ?
La nicopouche est un substrat fait de fibres végétales qui est imprégné de nicotine et qu’on place également sous la lèvre. Si les cigarettiers, qui sont loin d’être des philant




