«Alors là, t’es pas du tout dans la DA», «J’adore la DA» … Et vous, est-ce que vous avez la DA ? Cette expression est devenue courante dans le langage des ados et vingtenaires. Entre amis, sur les réseaux sociaux, au travail ou à l’école, les deux lettres se prononcent bien distinctement. «DA» veut dire «direction artistique» et définit une esthétique visuelle personnelle, une intention, parfois même une attitude.
Longtemps cantonné aux agences de pub et aux écoles d’art, le sigle «DA» renvoie à un rôle précis : celui ou celle qui orchestre l’identité visuelle d’un projet, d’une marque ou d’une œuvre. Mais à mesure que les outils de création se démocratisent avec des applications, des logiciels ou encore l’IA, la culture visuelle s’est démocratisée.
Le terme circule sur les réseaux, se simplifie. Rémi, 20 ans, utilise le mot sans y penser : «C’est venu avec ma consommation de la pop culture. Aujourd’hui c’est une expression que j’utilise quotidiennement, par exemple si j’apprécie le look de quelqu’un, je vais lui dire “j’aime bien ta DA” pour souligner l’effort de la personne.»
Besoin de nommer
Pour la plupart des jeunes, une DA se nourrit de multiples références : mode, cinéma, jeux vidéo… Aujourd’hui, avoir «une bonne DA», c’est montrer qu’on sait regarder, trier, assembler : prouver que l’on a du goût. Le mot sert maintenant à valoriser une identité dans le paysage concurrentiel des réseaux sociaux.
Estelle, 22 ans, l’utilise «tout le temps». «Ça vient de ce que j’écoute : des podca




