Cet article est publié dans le cadre du «Libé tout en BD», entièrement illustré par des dessinateurs et dessinatrices. Retrouvez tous les articles de cette édition ici, et le journal en kiosque ce vendredi 30 janvier.
Maho a 24 ans. Enjouée comme une gamine, elle retombe en enfance en traversant les pièces de la Dai-Tamagotchi-Ten, une exposition plus ludique que didactique présentée à Tokyo à l’occasion des trente ans du Tamagotchi, avant de tourner dans le reste du pays. Maho, qui ne cesse de prendre des photos et de s’esclaffer, se souvient y avoir joué dès la maternelle. «J’ai même demandé à maman de s’en occuper parfois pour que mon Tamagotchi ne meure pas.» Ces babioles en plastique en forme d’œuf, avec un écran carré et trois boutons (les critères esthétiques immuables de ces «animaux virtuels») ont été imaginées par la société japonaise Bandai au début des années 90, une période de déprime au Japon après l’éclatement de la bulle spéculative.
Témoignages
Dès le lancement le 23 novembre 1996, Bandai fait un malheur avec ces bébêtes minuscules sur écran qui réclament à manger, défèquent, tombent malades et bipent à tout instant sans qu’on puisse les faire taire, à moins de les laisser crever. A l’époque, pas de réseaux sociaux, mais un bon kuchikomi (bouche-à-oreille) entre JK (joshi kosei, lycéennes). «On en vendait tellement que la production ne sui




