La fille de Deng Xiaoping, timonier valétudinaire, livre un portrait
sans surprise du grand petit homme de la Chine moderne. Hagiographie classique et opération d'édition très intéressée.
Le vieux tigre sur le papier Chine Deng Maomao, DENG XIAOPING, MON PÈRE. Fayard, 513 pp., 160 F.
Un peu à la manière des manuels d'histoire communistes, Mon père, Deng Xiaoping navigue dans un style d'une rigidité cathéchisante. On est loin de la truculence du livre sur Mao Zedong par son médecin Li Zhisui; ou, pour le comparer à un ouvrage qui fait partie de ce genre particulier du dictateur vu par sa propre fille, des dialogues édifiants que livrait la biographie de Staline par sa fille, Svetlana Allelueiva (1967). C'est sans doute à cette dernière que Deng Rong (Maomao de son pseudonyme) fait référence pour justifier l'hagiographie qu'elle nous livre: «Un certain nombre [d'enfants de personnalités importantes] portent sur leurs géniteurs un regard critique. Je diffère de ces derniers», prévient-elle. Secrétaire et confidente de Deng depuis 1989, la cadette du numéro un chinois s'est érigée en thuriféraire de son père (90 ans), présentant sans ambages son géniteur comme l'un des «chefs héroïques, quasi mythique» de l'histoire de Chine.
Il fut un temps où la Chine distribuait gratuitement sa propagande. Temps révolus. «Si je veux que mon livre soit publié dans les pays capitalistes», expliquait Deng Rong le 15 février dernier à New York, «il faut que je m'adresse à un éditeur capitaliste». Ma




