Etienne Roda-Gil, IBERTAO, Stock, 141 pp., 110 F.
Ibertao n'est pas un nom propre. C'est un mot-valise dans lequel Etienne Roda-Gil, parolier situationniste de Julien Clerc ou de Vanessa Paradis, plus fameux pour ses chansons que pour ses romans (ci-joint son troisième) ou ses traductions «épisodiques» de Reich en catalan, a plié sa jeunesse. Il y a rangé ses racines ibériques (il est fils de républicain espagnol, né en France dans les camps de réfugiés) des racines profondes autour desquelles a poussé, pour les yeux d'une Chinoise et comme du lierre, le taoïsme.
Oui, à vingt ans («c'était il y a trente ans, les années soixante commençaient»), Etienne Roda-Gil était militant antifranquiste tendance tao. Citoyen français, il survivait dans le quartier chinois de Londres pour échapper à la guerre d'Algérie; citoyen espagnol, il se nourrissait de smog et de potage pékinois pour éviter la peinarde trahison d'un service militaire en terre franquiste. Dilemme: «Comment dire et être cru que pour certains d'entre nous, le service militaire aurait été pire que la guerre faite aux Algériens? Nous faire lever le bras à la romaine, nous faire insulter nos pères, tel était le calcul de ces Autrichiens-impériaux-maintenus dont était constituée la diplomatie franquiste. Allégeance à l'aigle, au joug et aux flèches en faisceau, contre l'honneur des vaincus et la garantie des études supérieures. Ceci pour les calmés. Pas de sursis pour les autres. On ne devenait français que sous les dra




