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Interview

Une étoile jaune sous l'étoile rouge, Alexandre Bortchagovski : ""L'Holocauste inachevé"". Alexandre Bortchagovski, L'HOLOCAUSTE INACHEVÉ, traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain. J.-C. Lattès, 374 pp., 129 F.

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Publié le 23/03/1995 à 1h53

En 1948, le célèbre acteur et metteur en scène soviétique Solomon

Mikhoels et le critique de théâtre Vladimir Goloukov sont retrouvés, le crâne défoncé, dans une rue de Minsk. Ils auraient été écrasés par un camion, dit la version officielle. Pour Alexandre Bortchagovski, auteur de l'Holocauste inachevé, l'assassinat de Solomon Mikhoels, président du Comité juif antifasciste d'URSS (CAJ), directeur du Théâtre juif de Moscou, marque le début du plan de Staline visant à anéantir les «cosmopolites» ­ à poursuivre le génocide entrepris par Hitler ­, en commençant cette fois par l'intelligentsia. L'obsession antijuive de Staline est confirmée par sa fille Svetlana, dans ses Mémoires: «A la fin de 1948, (...) la campagne contre les cosmopolites fut déclenchée, et de nouvelles masses de gens furent arrêtés (...). Ils étaient tous accusés de faire partie du centre sioniste (...) Je ne savais que trop bien combien mon père était en toutes circonstances hanté par le sionisme et les complots.»

Il faudra la chute du communisme pour que la vérité apparaisse dans les archives soviétiques enfin accessibles. Qu'on y trouve, par exemple, une lettre de Beria, le chef de la police secrète de Staline, écrite en 1953, un mois après la mort du dictateur: il reconnaît que l'acteur a été assassiné, mais non par lui, dit-il, par d'autres responsables de la sécurité qui ont «procédé de manière illégitime à la liquidation de Mikhoels».

Alexandre Bortchagovski, écrivain russe et ami des artistes juifs con

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