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Les détours de Babel : ""L'épreuve de l'étranger""

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Publié le 06/04/1995 à 4h22

Antoine Berman. L'ÉPREUVE DE L'ÉTRANGER. Tel-Gallimard. 316 pp., 54

F.

La poésie est-elle plus difficile à traduire que la philosophie? Les polars passent-ils mieux d'une langue à une autre que les grandes oeuvres littéraires? Une édition bilingue répond-elle à tous les problèmes de traduction? Le critère de la «langue maternelle» enlève-t-il toute pertinence réelle dans le passage d'une «langue source» à une «langue réceptrice»? En un mot, la traduction peut-elle être une science ­la «traductologie» n'est-elle qu'un barbarisme fumeux, ou peut-elle désigner une discipline autonome, à la charnière de différentes sciences humaines­ la linguistique, la psychanalyse, l'anthropologie, l'intelligence artificielle? Antoine Berman, dans l'Épreuve de l'étranger, publié pour la première fois en 1984 et aujourd'hui disponible en poche, montre qu'aujourd'hui, la question est en tout cas «entrée dans l'horizon philosophique comme une question explicite et cruciale avec des penseurs aussi différents que Wittgenstein, Karl Popper, A. Quine, Heidegger, Gadamer et, plus récemment, Michel Serres et surtout Jacques Derrida.»

Mais «l'histoire de la traduction occidentale n'a pas encore été écrite», or «la constitution d'une histoire de la traduction est la première tâche d'une théorie moderne de la traduction.» La matière ne manque pas: «Il existe ­au moins depuis Cicéron, Horace et saint Jérôme­ une abondante masse d'écrits sur la traduction, de nature religieuse, philosophique, littéraire, métho

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