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Critique

Tout sur le presque-rien. Ni critique ni historien d'art mais collectionneur éclairé, Ghislain Mollet-Viéville explique, images à l'appui en une mini-anthologie, les arcanes de l'«Art minimal et conceptuel». Ghislain Mollet-Viéville, ART MINIMAL & CONCEPTUEL. Skira, 127 pp., 198 F jusqu'au 30 juin, puis 248 F.

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Publié le 15/06/1995 à 6h11

Dedans ou dehors? La proposition In and Out de l'Américain Lawrence

Weiner (Statement n$ 237, 1971) consiste en ces mots répétés en noir et rouge à même une vitre. «A l'initiative du collectionneur: Les mots IN (dedans) sont placés sur la vitre à l'intérieur de la pièce. Les mots OUT (dehors) sont placés derrière la vitre à l'extérieur de la pièce.» L'oeuvre pourrait servir d'enseigne au livre qui vise à faire accéder ses lecteurs à deux mouvements de l'art contemporain «délimités essentiellement aux années 60 et 70», mais continuant de s'adresser d'abord à un public d'initiés. Or, si l'art minimal comme l'art conceptuel récusent quantité de critères admis par la critique d'art, ou même, en bloc, «la culture des siècles passés», la perception qu'a le spectateur d'une oeuvre y est essentielle. D'où la nécessité de ce livre pointu mais efficace, qui vient combler un manque dans une bibliographie française réduite, et définit, illustre, établit l'une et l'autre des deux tendances, sans les confondre ni surtout accumuler des commentaires hors de propos.

L'auteur, ni critique ni historien d'art mais collectionneur et expert près la cour d'appel de Paris, se dit «agent d'art». Laissant souvent la parole aux artistes, il va jusqu'à joindre l'original anglais à la traduction, ce qui fait de sa monographie une mini anthologie de textes fondateurs. Après avoir rappelé les sources de l'art minimal (de Brancusi à Reinhardt, via la trilogie Tatlin, Rodtchenko, Malevitch, les duo Mondrian-

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