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Libération
Critique

Le grand méchant Folco. Pour concocter des romans effrayants et formidables, l'autodidacte Michel Folco bûche comme un forcené. Autour du deuxième tome (sur les quarante prévus) de la saga des familles Tricotin et Pibrac, «Un loup est un loup», CV en dents de scie, parfois grinçantes.Michel Folco, UN LOUP EST UN LOUP. Seuil, 574 pp., 130 F.

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Publié le 06/07/1995 à 6h32

La vie est courte, comme un sprint. Parfois, avant de tendre son

torse à la morsure du fil de l'arrivée, elle s'offre de faux départs. Ainsi, Michel Folco est né le 29 septembre 1943 à Albi, d'une mère rouergate et d'un père d'origine italienne qu'il ne reverra plus guère, parti trop vite, mordu la ligne. Tant pis, faux départ, en attendant de se remettre sous les ordres du starter, on fait avec, une enfance de fils unique qui aurait dû être une fille unique, Arlette, mais bon, va pour Michel puisqu'on est un garçon né le jour de la Saint-Michel. Une scolarité ballottée de ville en ville entre Albi, Roumégoux dans le Tarn, Paris, les grands-parents tiennent une épicerie-cave à vins à Saint-Germain-en-Laye: «J'ai toujours été le petit nouveau dans chaque classe, je vivais en solitaire, je lisais, je lisais tout. Je me racontais des histoires, je les écrivais, "Moi tout seul trouvé par les Pygmées, "Moi tout seul chef de guerre indien, "Moi tout seul contre les pirates». La mère se remarie, Michel s'entend bien avec son beau-père, ils ouvrent un magasin d'antiquités au Cap d'Antibes.

Dans un régiment colonial Michel Folco est jeune et beau, un ange, la voix haut perchée à se faire dire sans arrêt au téléphone «mademoiselle». De cette jeunesse qui, aujourd'hui que l'ange est devenu inquétant, lui donne l'air d'avoir 30 ans à presque 52, le regard clair comme de l'eau peinte. Il veut s'affirmer, se «viriliser», à dix-sept ans et demi, après un énième redoublement, il s'engage che

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