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Critique

Papa popov. Par Jean-Pierre Milovanoff, le portrait d'un père «Russe blanc» aujourd'hui disparu, qui dansait bien le charleston, et pensait que l'abri le plus sûr sur la terre était une conversation entre amis. Jean-Pierre Milovanoff, RUSSE BLANC. Julliard, 192 pp., 109 F.

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Publié le 31/08/1995 à 7h07

Un peu comme ces chanteurs sur scène qui attendent d'avoir séduit

par quelques chansons pour présenter leurs musiciens, Jean-Pierre Milovanoff a publié quatre romans et de nombreux textes pour le théâtre avant de nous présenter sa famille, gentiment, discrètement, ce Russe blanc, son père. Puisqu'au fond, c'est de lui, de ce Paul Milovanoff, avec ces deux «f» qui marquent les Russes de France, c'est de lui que vient toute cette musique: «Cette vie des dernières années de mon père, quand son visage montra clairement qu'il avait renvoyé dos à dos son passé et son avenir et qu'il n'avait plus rien à redouter ni à attendre, cette vie sans amertume et sans ambition, je ne la vois pas, je n'en saisis pas le sens, je n'y participe que de loin, mais je l'entends en moi, venant de partout, un bourdonnement insensé, une langue qu'on ne sait pas. Maintenant que je l'ai perdue, je dirai que c'était de la musique ("). Et c'était une drôle de mélodie, la musique de l'abandon», page 167. Une musique juste, attentive, une sourdine affectueuse, loin des cuivres qui annoncent d'ordinaire l'arrivée du héros.

L'histoire de Paul Milovanoff que son fils Jean-Pierre (qu'il appelait Yvan) dit ici est pourtant celle d'un héros, un jeune Russe de 17 ou 18 ans qui décide tout à trac, loin de sa famille en 1919 ou 20, de quitter Simferopol pris d'assaut par l'armée Rouge, de s'embarquer sur le premier bateau en partance pour Istanbul, avant de partager la vie des Cosaques quelques mois plus tard en Bulga

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