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Critique

Alexakis au bord de l'Homère. Tel un Ulysse en autocar, Vassilis Alexakis revient, en français, se frotter in situ à «la Langue maternelle». Vassilis Alexakis, LA LANGUE MATERNELLE. Fayard, 396 pp., 120 F.

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Publié le 14/09/1995 à 8h21

Le roman le plus récent de Vassilis Alexakis, la Langue maternelle,

a été réalisé par la Société nouvelle Firmin-Didot à Mesnil-sur-l'Estrée, tout près de Dreux, pour le compte des éditions Fayard, en août 1995. Bien. Page 117 du livre, un taxi est garé sur le trottoir, à Athènes, au coin des rues Zoodochos-Pigui et Didotos, le chaufeur, pieds nus, est couché sur la banquette, un journal sur les yeux. D'accord? Maintenant, voyons ce qui est écrit au bas de la page précédente: «Je croyais que Didotos était aussi un ancien Grec. Il ne l'est pas. Il s'agit en fait de Firmin Didot, l'helléniste et éditeur français du siècle dernier. L'Ecole française d'archéologie, qui a fait les fouilles à Delphes, est située dans cette rue. Elle est entourée d'un jardin avec de grands arbres.» Simple coïncidence? Pas si sûr. (1) Le mot «roman» est écrit tellement petit, bleu ciel sur la sobre couverture indigo anthracite, que l'on devine bien vite que ce Pavlos Nicolaïdis, le narrateur, est le frère jumeau de l'auteur. Son double, lui-même. N'ont-ils pas à peu près le même âge? La même histoire? Quitter Athènes après deux années de pouvoir des Colonels, vingt-quatre ans passés à Paris à se faire coquettement et discrètement une jolie place au soleil des arts et lettres. Pavlos est dessinateur et il se met pour ce livre à écrire, Vassilis a publié une douzaine d'ouvrages, les uns en grec, les autres en français (dont il assure lui-même les traductions croisées), mais également trois albums de

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