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Libération
Critique

Bon à tirer. Animateur d'un atelier d'écriture, François Bon a recueilli des concentrés de vies et de mémoires. Histoire d'une jeune morte qui voulait faire un roman de 3 000 pages et laissa 23 feuillets. François Bon, C'ÉTAIT TOUTE UNE VIE. Verdier, 144 pp., 75 F.

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Publié le 21/09/1995 à 8h07

L'avertissement au lecteur n'a pas été recopié dans un autre livre

comme une formalité obli- gée, désinvolte, non, il a été écrit, les mots pesés les uns après les autres: «Ce livre est une fiction, les propos prêtés aux personnages, ces personnages eux-mêmes, et les lieux où on les décrit sont en partie réels, en partie imaginaires. Ni eux-mêmes ni les faits évoqués ne sauraient donc être exactement ramenés à des personnes et des événements existants ou ayant existé, aux lieux cités ou ailleurs, ni témoigner d'une réalité ou d'un jugement sur ces faits, ces personnes et ces lieux.» Le texte est écrit en italique sur une page de garde, comme on dit un médecin de garde: avec l'espérance de n'en avoir jamais besoin. C'est une précaution. On dit que les chats échaudés craignent l'eau froide mais l'on n'échaude plus guère de chats, on les traîne en justice. Le précédent livre de François Bon, Un fait divers, cueillait le lecteur sans autre avertissement que le mot «roman», on tenta de l'échauder.

Cette fois, donc, il n'y a pas de roman, mais on avertit, et ces quelques lignes d'avertissement, quoique irréprochables, sont probablement les moins vraies du livre puisque ce livre n'est rien d'autre et ne se veut rien d'autre qu'un constat, un témoignage de réalité. Voyons de plus près. Pendant des mois, François Bon s'est rendu dans une petite ville du Gard ou de l'Hérault, chaque jeudi, pour y animer une rencontre que pour simplifier on appelle «atelier d'écriture». Un travail pas co

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