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Libération
Critique

Echenoz, blondes à part.

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Sur la piste de Gloire, une de ses «Grandes Blondes» court vêtues d’une poignée d’épithètes, Jean Echenoz s’amuse avec son lecteur comme un chat avec une souris consentante.

Publié le 28/09/1995 à 7h55

Voilà, il faut avouer qu’on est plutôt content que les Grandes Blondes, le dernier roman de Jean Echenoz, commence à la piscine. Surtout parce que cela permet d’y lire que, sur la porte des toilettes, «parmi diverses propositions de rencontres avait été portée, d’un trait de feutre exaspéré, l’inscription Ni dieu ni maître-nageur!», page 9. Mais aussi parce cela nous permet un repentir: le jeudi 27 août 1992, ici même, à l’occasion de la publication de son précédent livre, Nous trois, nous avions recopié in extenso, si l’on peut dire, son autobiographie intensive et mensongère: «Jean Echenoz, né le 4 août 1946 à Valenciennes. Etudes de chimie organique à Lille. Etudes de contrebasse à Metz. Assez bon nageur», et, mi-aimable, mi-pète-sec, nous ajoutions «que personne ne doute des qualités natatoires du jeune écrivain», rappelant au passage en manière de preuve qu’un de ses personnages travaillait à l’invention d’une nage nouvelle. Or ce «natatoire» s’était changé en un curieux et déroutant «narratoire» au sortir des rotatives, voire des rotatoires.

Les Grandes Blondes, donc, de Jean Echenoz, est un roman, comment dirais-je, aux qualités narratoires autant que narratives, il est vrai qu'on n'y nage guère et s'il débute à la piscine de la Porte des Lilas à Paris, c'est que Jouve et Paul Salvador s'y rencontrent pour prendre un verre pour les besoins d'une intrigue particulièrement intriguante. Paul Salvador (peut-être est-il parent de cette Victoria Salvador, un nom de grande b

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