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Libération
Critique

Qui lit Picouly?

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Succès de librairie malgré un point de suspension litigieux, le dernier Daniel Picouly a tout pour séduire les Morvandiaux nés en 1948, et même au-delà.

Publié le 05/10/1995 à 9h34

Bon, au début, on se dit qu'un livre pareil n'intéressera jamais que

les gens concernés, des gens comme Daniel Picouly et moi qui sommes nés d'une mère morvandelle (il dit «morvandiote» au risque d'une rime que ma mère n'aime guère) et d'un père bricoleur employé d'avionneur, des gens qui savent que Garchizy prend un «z» et non un «s», comme aux pages 130, 132 et 135 et que, lorsqu'«un armagnac attend déjà en bout de piste», sans majuscule page 56, il ne s'agit pas d'un verre d'alcool, mais bien de ce robuste quadrimoteur (Pratt and Whitney) SE 2010, et que le commandant de bord «Léopold G.» n'est autre que Léopold Galy qui assura avec Pierre Nadot le premier vol du prototype, le 2 avril 1949. On se dit qu'à baigner dans un tel entourage, on a droit à l'erreur sur la mémoire automobile, page 43, «Transfluide! C'est écrit en lettres chromées sur l'aile, avec un cercle traversé d'une pointe, (") la suspension transfluide». Non, Monsieur Picouly, non, les lettres chromées ne traversent pas un cercle mais deux, qui forment le symbole de l'infini, et le système «Transfluide» ne concerne pas la suspension mais une curieuse et besogneuse boîte de vitesse prétendue automatique. Par ailleurs, la Frégate a bel et bien reçu en option une suspension originale, mise au point par l'ingénieur Grégoire, dite «Aérostable», mais c'est une autre histoire. Bien le droit à l'erreur de conscription et de calcul mental: né en 1948, on ne peut pas se vanter «Moi, je suis de la classe 48», page 34 (o

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