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Libération
Critique

Révolutions, je vous hais!Par un gamin de 12 ans, l'histoire d'une famille hébétée et vaguement consentante, dans la Yougoslavie d'après-guerre. Bora Cosic, LE RôLE DE MA FAMILLE DANS LA RÉVOLUTION MONDIALE, traduit du serbo-croate par Mireille Robin. Robert Laffont, 168 pp., 119 F.

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Publié le 05/10/1995 à 9h34

Le Rôle de ma famille dans la révolution mondiale raconte le rôle de

ma famille dans la révolution mondiale. Enfin, pas vraiment ma famille, pas plus que la vôtre, celle de Cosic, plutôt, même pas, une famille inventée, exagérée, représentative de toutes nos familles, surtout de celles qui ne comprennent rien, et en particulier qui furent bringuebalées en Yougoslavie entre une guerre assez mondiale et une révolution plutôt titiste, il faut dire que c'était difficile à comprendre. Le rôle de cette famille dans cette révolution fut exemplaire et largement partagé: le rôle des victimes hébétées et vaguement consentantes. C'est du moins ce qui ressort du récit que peut en faire un gamin de 10-12 ans, observateur et doué en rédac.

Le jeune homme est un faux naïf modeste armé d'un bagout irrépressible qui s'accélère en drôlerie désespérée (et supposée inconsciente) après avoir démarré en trombe, la trombe étant un système particulier de chasse à effet d'eau, première page: «Maman a confectionné un sac. Dessus, elle a brodé "Papier Journal et, plus bas, papa debout sur le trône, pantalons baissés, en train de lire. Pour cela elle a utilisé des fils de trois couleurs différentes, un pour mon père, un pour le pantalon, un pour le journal. Papa était très ressemblant, sauf qu'elle l'avait fait chauve, sans doute pour se venger. Ce sac était destiné à recevoir les journaux que l'on découpait avec le grand couteau de cuisine. C'était grand-père qui se chargeait de cette tâche, mais seulem

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