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Lecture:Beidao, deux exils.

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Publié le 26/10/1995 à 8h57

Beidao, l'une des figures les plus marquantes de la poésie chinoise

contemporaine, lisait mardi, au théâtre Molière (nouveau siège de la Maison de la poésie), son dernier recueil de vers, Au bord du ciel (1). La traduction française, déclamée par l'acteur Michael Lonsdale, parvint à restituer sans trop de pertes les tableaux d'atmosphère dépeints en mandarin par ce poète proposé chaque année depuis 1991 au Nobel de littérature. Rare apparition parisienne pour ce chef de file de la poésie dite «obscure», ou allusive («nihiliste» et «antimarxiste», selon les officiels chinois), qui lui vaut tristement d'être depuis six ans interdit de retour dans son propre pays. Signataire de la pétition des 33 intellectuels chinois qui, en avril 1989, exigeait ce respect des droits de l'homme et la démocratie que réclamèrent, deux mois plus tard, les étudiants de la place Tian Anmen, Beidao subit comme des dizaines d'autres écrivains et intellectuels, un exil imposé par les autorités de Pékin. Après s'être installé successivement en Allemagne, en Suède, en Norvège et en Hollande, Beidao vit aux Etats-Unis. Il effectue actuellement un séjour en France, sous le patronage du ministère de la Culture; à Paris, il traduit en chinois, avec Chantal Chen-Andro, des poètes français contemporains (Reverdy, Aimé Césaire, Michel Deguy).

Depuis qu'il a été refoulé, l'an dernier, à son arrivée à l'aéroport de Pékin, non sans avoir subi un interrogatoire intensif, Beidao dit toute sa haine du mot «exil». Mot

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