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Critique

Prêcheur d'Islande. Le professeur Pétursson est chargé par le roi du Danemark, en 1703, de rétablir la justice en Islande. Mais, dans un roman de Gilles Lapouge, une mission peut en cacher une autre. Gilles Lapouge, L'INCENDIE DE COPENHAGUE. Albin Michel, 416 pp., 130 F.

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Publié le 26/10/1995 à 8h57

On dit que si la terre turbulente d'Islande venait à se fâcher pour

de bon sur Reykjavik, qu'elle tremble, fonde ou éructe (puisque «érupter» fait défaut), elle pourrait bien broyer, noyer, ensevelir toute la ville, ses maisons, son port, ses banques et ses gens, tout y passerait sauf le sous-sol d'un modeste bâtiment de l'université, le seul sanctuaire conçu pour résister à l'enfer incontinent qui rougeoie le pays: l'institut Arni Magnusson. Ici, point d'or ni dollars ni joyaux, on y serre le bien le plus précieux de l'Islande, des manuscrits, vélins, parchemins, les textes islandais les plus anciens de tous les textes scandinaves, et parmi eux les plus précieux, les sagas. Ces trésors sont d'autant plus protégés que l'Islande en fut privée pendant des siècles, jusqu'à ce qu'en 1971, sous une impressionnante escorte marine, les premiers vélins soient rapportés (libérés?) de Copenhague. Cet Arni Magnusson, qui donna son nom à l'Institut, est de toute évidence le modèle qui inspire Eggert Pétursson, le héros modeste et vaillant du dernier roman de Gilles Lapouge, l'Incendie de Copenhague.

Tous deux, le héros et le modèle, sont nés islandais en Islande vers 1663, tous deux à 20 ans partirent pour Copenhague étudier l'histoire et en recenser les sources, tous deux, vingt ans plus tard, en 1702, se virent confier par le roi du Danemark une mission difficile, étudier le sort des Islandais, établir un cadastre, y rendre la justice. Tous deux se firent accompagner d'un juriste, Pall

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