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Critique

Un Robinet qui fuit. Par Miguel Delibes, une intrigue fantastico-policière et semi-autobiographique, avec faux suicide et vrai crime, à la recherche d'un dénommé Robinet. Miguel Delibes, LE FOU, traduit de l'espagnol par Dominique Blanc. Editions Verdier, 96 pp., 65 F.

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Publié le 21/12/1995 à 11h06

Longue nouvelle ou court roman, le Fou de Miguel Delibes n'est pas

aussi fou qu'il en a l'air. Mais il en a l'air. Lenoir, modeste employé de banque d'une petite ville espagnole qui n'est pas nommée, que l'on imagine être Valladolid, pays natal de l'auteur, est possédé par Robinet. Lenoir aperçoit un soir dans un estaminet une silhouette étrange, comme surgie de l'au-delà de la conscience, obsédante à lui faire perdre la raison. La mesure même d'une vie simple et heureuse.

On imagine Valladolid pour la bonne raison que ce conte fantastico-policier, presque irréel, paraît psychanalytiquement autobiographique. En effet, il n'est pas indifférent que le héros castillan porte un nom typiquement français et que l'intrigue trouve son dénouement à Pau, notre en deçà des Pyrénées. Malgré les apparences, Delibes est un nom français même si, depuis cinquante ans qu'il se place en figure de proue de la littérature espagnole, on le prononce «Délibesse». Miguel Delibes est l'arrière-petit-neveu de Léo Delibes, le compositeur de Lakmé, Coppélia et Sylvia. On trouve même, page 20 de ce court roman, un détail authentiquement biographique: «Je me souvenais parfaitement, mon petit David, de l'histoire du grand-papa Lenoir, quand il est venu poser la ligne de chemin de fer Reinosa-Santander, et dans un petit village où il forait un tunnel, il a connu la grand-mère"» Le village s'appelle Alar del Rey, la grand-mère était basque et le grand-père Frédéric était le frère de Léo Delibes, il ne refran

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