Le Salut par la grâce" et par l'encyclopédie? La galaxie protestante
peut s'honorer aujourd'hui de disposer d'un ouvrage de référence aussi épais qu'une bible, déclinant la descendance de Luther et de Calvin. Un pavé de 1 700 pages, lourd de 44 dossiers et 1 320 rubriques, couvrant la diversité des religions issues de la Réforme. Ouvrage ambitieux qui, au-delà d'une évidente quête d'identité, embrasse le protestantisme dans ses dimensions religieuses, mais aussi culturelles, philosophiques ou éthiques.
Les «parpaillots» sont assurés de combler un grand vide dans leur bibliothèque: il faut remonter à 1877 pour trouver une somme aussi ambitieuse sur le protestantisme (l'Encyclopédie des sciences religieuses, de Frederic Lichtenberger). A l'origine de ce nouveau monument: Labor et Fides. Cette modeste maison d'édition protestante, sise en Suisse, n'a pu faire aboutir son projet pharaonique qu'en s'associant aux éditions du Cerf, dirigées par les Dominicains, et en tapant à la caisse quelques fondations. Encore les trois cents auteurs mis à contribution ont-ils travaillé bénévolement, soumettant leurs articles à un comité éditorial des plus tatillon.
«L'idée directrice de l'encyclopédie a été de reconstruire des cohérences en essayant de respecter la diversité protestante», observe le professeur Jean Baubérot, membre du comité éditorial et spécialiste du monde protestant. «Les catholiques nous reprochent souvent de ne pas avoir d'ecclésiologie. Notre visibilité est effectivement di




