Menu
Libération

Le visage de Camus à la NRF.

Réservé aux abonnés

Publié le 11/01/1996 à 0h05

Passation de pouvoirs à la Nouvelle Revue française. Le romancier

Bertrand Visage est en effet le neuvième rédacteur en chef de la revue fondée par Gide, et succède à Jacques Réda. Antoine Gallimard, PDG des éditions du même nom, annonce un changement de la formule «allant dans le sens d'une plus large ouverture à tous les courants de la littérature d'aujourd'hui». La périodicité mensuelle est maintenue, avec plus de place aux écrivains étrangers et à la photo. Pour le reste, Bertrand Visage affirme dans son éditorial son désir de ne publier «rien que des écrivains, pourvu qu'ils aient l'obsession de l'universel, l'inquiétude chevillée au corps, le désir d'agir, le désir d'étonner». Au sommaire de ce numéro 516, un inédit de Camus: le texte, traduit de l'anglais (l'original étant perdu!), de la conférence prononcée par l'écrivain le 30 mars 1946 à l'université de Columbia, sur «la crise de l'homme» et plus précisément de l'homme européen au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. «Nous sommes tous responsables de l'hitlérisme, déclare-t-il, et nous devrions tenter de pénétrer les causes générales de cette répugnante maladie qui a défiguré l'Europe»; et encore: «Nous savons que les meilleurs d'entre nous sont morts, parce qu'ils ont choisi de mourir. Et nous qui sommes vivants, nous devons reconnaître que nous le sommes seulement parce que nous avons choisi de faire moins qu'eux.» Craignant que l'homme, cultivant désormais seulement «l'efficacité et l'abstraction», ne puiss

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique