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La nouvelle bande à part

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Dans la lignée de Crumb et d'Art Spiegelman, loin des standards et des circuits du marché traditionnel, une génération de dessinateurs trentenaires, représentée surtout par «l'Association», revendique une esthétique «alternative» plus littéraire. Et fait tache d'huile.

Publié le 25/01/1996 à 23h33

Après une sérieuse crise d'identité marquée par un académisme

certain et un fléchissement du marché, une nouvelle bande dessinée est-elle en train de naître en France? On est tenté de le croire si l'on considère le nombre d'initiatives prises depuis quelques années, au départ en marge des circuits traditionnels. Une nouvelle génération de dessinateurs et d'illustrateurs s'est rassemblée autour de revues à petit tirage ­ sans être pour autant des fanzines ­ comme Lapin, le Cheval sans tête, et de structures éditoriales aussi légères que rudimentaires, telles l'Association, Cornélius, les Requins marteaux ou encore Amok. De leur côté, des éditeurs non spécialisés, aujourd'hui relayés par des ténors de la profession, ont participé au mouvement: les éditions Autrement, avec la collection «Histoires graphiques» dirigée par Thierry Groensteen, plus récemment l'adaptation de Cité de verre de Paul Auster par David Mazzucchelli chez Actes Sud (lire ci-contre), ou encore la nouvelle collection de romans graphiques impulsée par Jacques Binsztok aux éditions Seuil Jeunesse. Intention commune: réhabiliter la BD de création face au mercantilisme ambiant.

Le siège de l'Association se trouve au fond d'une cour industrieuse du XIe arrondissement de Paris. Co-maître des lieux, Jean-Christophe Menu, issu du rock alternatif, nominé pour l'Alph-Art du meilleur album francophone à Angoulême 96 avec son Livret de Phamille: une suite d'épisodes autobiographiques à la fois mélancoliques et loufoques s

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