Londres, envoyé spécial.
Le Dernier Soupir du Maure est le premier roman que publie Salman Rushdie depuis qu'il vit dans la clandestinité, après la fatwa de mort lancée contre lui par l'ayatollah Khomeiny, le 14 février 1989. Pendant ces sept ans de vie cachée, l'auteur des Versets sataniques a toutefois fait paraître Haroun et la mer des Histoires, un conte moderne dédié à son fils, et East, West, un recueil de nouvelles encore inédit en français. Contraint par les circonstances à déménager sans cesse et à observer des règles strictes de sécurité, l'écrivain britannique a également passé beaucoup de temps en efforts diplomatiques pour tenter de forcer le gouvernement iranien, via les capitales occidentales, à annuler la fatwa. En vain, jusqu'ici, malgré une relative baisse de ton des autorités de Téhéran. Entre une tournée de sept semaines en Amérique latine et en Australie et une autre qu'il vient de terminer aux Etats-Unis, Salman Rushdie nous a reçus, mi-janvier, dans un hôtel londonien.
Pourquoi, pour parler de l'Inde contemporaine, avoir choisi des héros d'origine européenne, et puisé dans l'histoire espagnole et portugaise?
L'Espagne d'avant l'Inquisition est comme une métaphore de l'Inde d'aujourd'hui. A cette époque, Grenade cultivait le mélange des cultures, le métissage y était une valeur. Puis le fanatisme a tout détruit, comme maintenant en Inde, dont l'histoire est pourtant celle de ses invasions et de ses assimilations successives, aryennes, mongoles, musulmane




