Ils sont si grands que deux d'entre eux peuvent porter un navire, si
gros soit-il, et ils le mettent à flot. On attache l'un des éléphants à un bout, et l'autre à l'autre bout, et l'on ne se fait plus de souci, car ils le portent aussi droit et aussi bien qu'il est possible. Et ceux qui disent que les éléphants n'ont pas d'articulations se trompent, car ils s'élancent, se jettent par terre et sautent très légèrement"» Navigateurs géniaux, soldats féroces, négociants redoutables, les explorateurs portugais écarquillent aussi les yeux devant les merveilles du monde. Ils rencontrent des licornes, des chevaux marins, des peuples inconnus (qu'il vassalisent, à l'occasion massacrent), affrontent des semaines de tempête sur la route des épices, l'or noir qui vaut de l'or en Occident. A leur tête, «l'Amiral», Vasco de Gama, veille.
A l'heure où Salman Rushdie ressuscite l'Inde portugaise dans son dernier roman, le Dernier Soupir du Maure, on lira avec profit les relations des deux expéditions de Vasco de Gama en Inde au tournant du XVIe siècle. Si une seule, anonyme, existe du premier voyage, plusieurs textes relatent la seconde: celui de Tomé Lopes notamment, «écrivain de la nef de Rui Mendes de Brito», mais aussi ceux de commerçants, de marins ou de mercenaires, signés ou anonymes, écrits en allemand, flamand, italien ou portugais. On recrutait alors dans l'Europe entière.
L'édition aujourd'hui proposée est plus exhaustive qu'aucune édition portugaise. C'est l'initiative d'un éditeur




