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Critique

«L’imaginaire irlandais» débarque en France, avec le prix Nobel Seamus Heaney

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A Paris, le Nobel a revisité en public ses souvenirs d’enfance et le fonds mythologique qui nourrit la musique de ses poèmes.

Publié le 28/03/1996 à 2h11

Avec sa dégaine débonnaire, son humour et sa générosité, Seamus Heaney, le prix Nobel de littérature 1995 qui était à Paris le week-end dernier, a conquis son public. Vendredi, le ministre de la Culture lui remettait la décoration de Commandeur des arts et lettres, et samedi, après avoir vu plusieurs de ses poèmes affichés sur la ligne de métro menant au Salon du livre, le poète irlandais allait au-devant de ses lecteurs porte de Versailles, à l’invitation du Centre régional des lettres Languedoc-Roussillon et du journal le Monde. Interrogé sur le fait de savoir si son prix Nobel lui donnait une responsabilité morale supplémentaire, Seamus Heaney donna le ton d’emblée: «Ce prix m’apporte surtout une insouciance que j’attendais depuis longtemps.»

Avec modestie mais conviction, s'exprimant parfois dans un français tout à fait convenable, Seamus Heaney affirma que la poésie était pour lui «une valeur infinie» mais «aussi nécessaire que la nourriture». Comme on le questionnait sur les origines de son travail, il évoqua la figure de son père, paysan pauvre chef d'une famille de neuf enfants, et sa «paroisse natale» de Mossbawn, près de Belfast: la poésie, selon lui, se situe «entre la paroisse et le cosmos», l'universel s'enracine toujours dans le particulier.

Né catholique en Ulster protestant en 1939, Seamus Heaney, qui écrit en anglais, participa dans les années 60 au mouvement de protestation catholique pour les droits civils en Irlande du Nord. En 1972, il décida, très symboli

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