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Interview

Les mobiles de Calder

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Editeur outre-Manche des pontes du Nouveau roman, John Calder a poursuivi après-guerre à Paris l'oeuvre de ses grands aînés. Entretien.

Publié le 25/04/1996 à 3h44

John Calder, qui a préfacé l'ouvrage de Hugh Ford, est lui aussi un passeur de cultures. Anglais, âgé de 69 ans, ayant vécu la majeure partie de sa vie entre Londres et Paris, il a édité (et parfois traduit) de nombreux écrivains français, notamment ceux du Nouveau roman, de Robbe-Grillet à Claude Simon en passant par Duras, Sarraute et Pinget. C'est également lui qui a publié en Angleterre toute l'oeuvre non théâtrale de Beckett. Aujourd'hui confronté à de grandes difficultés financières, il appartient à la génération «héroïque» d'après-guerre; à ce titre, il a côtoyé les artistes et écrivains anglo-américains qui ont vécu à Paris dans les années 50 et 60 et poursuivi à leur manière le travail entrepris par leurs aînés, Sylvia Beach, Jack Kahane and Company... John Calder vient d'ailleurs de terminer sur ce Paris anglo-américain d'après-guerre un ouvrage à paraître chez l'éditeur américain Simon & Schuster.

Il y avait à Paris après la guerre autant d'artistes et d'intellectuels anglo-américains qu'avant 1939. Mais qu'est-ce qui avait changé?

Avant-guerre, la plupart des expatriés étaient issus de familles aisées, ils sortaient des meilleures universités et n'avaient que peu de problèmes d'argent. Après 1945, la plupart venaient de milieux beaucoup plus modestes, n'avaient fait ni Oxford ni Harvard, et étaient presque tous fauchés. Surtout les Noirs américains et les Anglais, comme Alexander Trocchi. Heureusement Maurice Girodias, le fils de Jack Kahane, les a presque tous

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