D’Ulysse de Joyce à Tropique du Cancer de Henry Miller, Paris a vu naître, entre les deux guerres, une impressionnante série d’oeuvres littéraires anglo-américaines. Dans Published in Paris, paru aux Etats-Unis en 1975 et traduit seulement aujourd’hui, Hugh Ford décrit l’effervescence qui régna alors dans les milieux expatriés de la capitale française. L’attraction de Paris culmina en effet après 1918: si la guerre elle-même avait provoqué l’afflux de soldats anglais et américains, parmi lesquels beaucoup choisirent ensuite de rester, une nouvelle cohorte, voyageurs au long cours, touristes, aventuriers, bohèmes, gens de lettres et d’art, débarqua à Paris après l’Armistice, attirée par la réputation de la ville, victorieuse mais pas puritaine, désargentée mais affranchie.
Universitaire américain, Hugh Ford retrace de manière un peu touffue mais extrêmement documentée cette période bénie. Il le fait non pas tant à partir des écrivains eux-mêmes encore que Joyce, D.H. Lawrence, Pound, Hemingway, Gertrude Stein et Miller hantent sans arrêt son récit qu'à partir des éditeurs, imprimeurs et mécènes qui donnèrent corps à tous ces textes. Essentiellement installée à Montparnasse, cette colonie anglo-américaine devint le centre d'une activité éditoriale aussi fébrile qu'éphémère, faite de journaux, de revues (notamment transition d'Eugene Jolas) et de maisons d'édition, petites, artisanales,servant à la fois de champ d'essai à des débutants, de tremplin à des expatriés provisoir




