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Libération
Critique

Deux navigateurs à hauts risques

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Jean-François Deniau en voilier et Philippe Labro sur son lit d’hôpital

Publié le 02/05/1996 à 6h09

L’un a 60 ans, l’autre sept de plus. Le premier est journaliste, romancier, vice-patron de RTL. Le second est ancien ministre, académicien et pèlerin humani- taire. Tous deux ont subi la maladie, dans des proportions différentes: le premier a attrapé une bactérie rarissime qui a failli l’étouffer, l’autre endure tumeurs et infarctus à répétition: douze anesthésies générales en huit ans. Aujourd’hui, les deux livrent en même temps chez le même éditeur leur témoignage, dont les titres résonnent comme des métaphores nautiques: la Traversée de Philippe Labro et L’Atlantique est mon désert de Jean-François Deniau.

Il s’agit bien de deux traversées. Pour évoquer ce par quoi il est passé, Philippe Labro parle du «cap Horn» et se fait confirmer par un héros des transats la similitude de son expérience avec le passage des quarantièmes rugissants. Jean-François Deniau, lui, invoque les anciens navigateurs qui «redoutaient, en passant l’équateur, de naviguer la tête en bas»: «Terra incognita. D’où je viens, où je vais, il n’y a plus de carte.» Si la traversée de Philippe Labro est plutôt d’ordre intérieur, initiatique, celle de Jean-François Deniau est à prendre au sens propre, un vrai défi physique. Le ton des deux récits est simple, direct, avec dans les deux cas, quelques digressions: des souvenirs de jeunesse chez Labro, un discours sur la vertu tout ce qu’il y a de plus académique chez Deniau. Ce n’est pas ce que les livres contiennent de plus intéressant, au contraire de la descri

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