Rio, de notre correspondant
Adoubé quelques heures auparavant en Chevalier des arts et des lettres par le ministre de la Culture, Philippe Douste-Blazy, Paulo Coelho livrait à chaud, début avril, son émotion à Caras, l'hebdo glamoureux-ringard de la jet-set brésilienne. «Je vis ma légende personnelle et je connais bien les difficultés du monde littéraire. C'est pourquoi le fait d'avoir tant vendu (de livres) ne peut, franchement, être attribué à ma capacité.» Chez ce phénomène du best-seller, le miracle tient lieu à la fois de fonds de commerce et de principe philosophique. Rien de plus naturel en somme pour quelqu'un qui vient de se mettre en quête, «si Dieu le permet», d'un pied-à-terre à Lourdes...
Avec plus de 5 millions d'exemplaires vendus en huit ans dans son pays, Paulo Coelho y a acquis la stature d'un véritable Midas de l'édition. Une prouesse d'autant plus invraisemblable que la lecture est au Brésil un privilège réservé, vu le prix des livres, à une élite restreinte à quelque 10% de la population. D'où la chasse à l'oiseau rare que se sont dernièrement livrée deux grands éditeurs de Sao Paulo. En février, Paulo Coelho a abandonné Editora Rocco (qui avait publié ses six premiers ouvrages, dont le Pèlerin de Compostelle, paru en 1987 et aujourd'hui traduit) au profit de la maison d'édition Objetiva. Montant du «transfert» digne d'une star du football: 550 000 dollars (2,8 millions de francs) d'avance sur droits d'auteur pour son prochain livre, intitulé O monte Cinco




