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Libération
Critique

Cinquante ans modernes. Comment fêter le cinquantenaire de la revue fondée par J.-P. Sartre autrement que par l'éloge de l'engagement? LES TEMPS MODERNES 50 ans N$ 587, mars-avril-mai 1996, 492 pp., 82 F.

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Publié le 23/05/1996 à 5h16

En ces temps de commémoration forcenée et toujours en avance sur

leur propre date, il est assez sympathique que les Temps modernes soient six mois en retard pour fêter leur cinquantième anniversaire. C'est en effet en octobre 1945 que Jean-Paul Sartre, avec Simone de Beauvoir, Maurice Merleau-Ponty, Michel Leiris, Raymond Aron et Jean Paulhan dans son premier comité, lança cette revue qui, près de 600 numéros et 125 000 pages plus tard, continue d'exister, sans le même rayonnement qu'en ses heures de gloire, mais avec la même impavidité pour être en prise directe avec son temps, notamment dans ses numéros spéciaux, le plus souvent remarquables, comme les trois derniers du genre, sur l'Algérie («la Guerre des frères», janvier 1995), le Rwanda et le Burundi (juillet 1995) et tout dernièrement l'Afrique du Sud («le Cap de Bonne Espérance», décembre 1995). Claude Lanzmann, son directeur, annonce d'ailleurs en ouverture la prochaine parution d'un index général et, si l'aide d'un ministre ou d'un mécène le permet, d'une anthologie de 1 920 pages, articulée autour des textes fondateurs, des grandes querelles idéologiques, des grandes luttes politiques. Et comme à tout retard quelque chose est bon, cette livraison spéciale est au rendez-vous du dixième anniversaire de la mort de Simone de Beauvoir, à qui quatre femmes rendent hommage (Catherine Crachat, Annie Elm, Rose Prudence et Liliane Kandel).

L'ensemble évite la plupart du temps l'unanimisme et les pompes de la célébration. Bien

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