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Critique

Témoignages de prix. De six mois de pérégrinations transalpines, les frères Goncourt ont rapporté un ouvrage bourré de talentueux croquis et d'abondantes considérations. EDMOND & JULES DE GONCOURT. Notes sur l'Italie. Desjonquères/ RMN, 350 pp., 290 F

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Publié le 30/05/1996 à 4h57

Le voyage en Italie formant au XIXe siècle le parcours quasi obligé

des artistes et des écrivains français, les frères Goncourt (1) décidèrent en 1855 de boucler leurs bagages et s'en allèrent arpenter le pays de Dante et de Raphaël, via la Suisse. De Milan à Naples, en passant entre autres étapes par Venise, Florence et Rome, ils y séjournèrent environ six mois, occupés à visiter, certes, les musées, mais aussi les bibliothèques et les restaurants. De ce périple, un journal de bord tenu alternativement par Edmond et par Jules porte témoignage. Cette masse de notes aurait dû leur servir de canevas pour un ouvrage qui, à l'exception de courts extraits remaniés pour publication, ne fut jamais écrit. A leur mort, le carnet de leur voyage en Italie disparut dans une vente et finit par atterrir au Louvre, section des arts graphiques.

Ces Notes sur l'Italie qui paraissent aujourd'hui, abondamment et fort judicieusement commentées, représen- tent donc un inédit des deux frères. Leur intérêt est à l'image de ces brouillons, profus, multiple et varié. On y découvre, comme on pouvait s'y attendre, quantité de réflexions prises sur le vif et concernant aussi bien quelques coutumes locales que des recettes culinaires appréciées par les auteurs, ou encore d'impressionnantes (et assez fastidieuses à lire) listes d'ouvrages dénichés en bibliothèque, sans parler de véritables comptes d'apothicaire tenus par les voyageurs à propos de leurs frais de restauration, de déplacement ou d'hébergeme

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