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Critique

Tiepolo, l'art en ciels. Mort riche, heureux et reconnu, le Vénitien Giambattista Tiepolo (1696-1770) a passé sa vie la tête dans les nuages. ALAIN BUISINE. Les Ciels de Tiepolo. Gallimard, «L'infini», 116 pp. 78 F.

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Publié le 13/06/1996 à 6h58

Encore un livre sur la peinture vénitienne? se lamente en aparté le

malheureux critique faisant preuve à l'occasion d'une insigne mauvaise foi. Sur les ciels de Tiepolo, comme l'indique la couverture, et sur Giambattista et non Giandomenico ou Lorenzo, ses fils, qui furent peintres eux aussi. Les ciels, c'est-à-dire les plafonds. Il n'y a guère en effet qu'Yves Klein à avoir peint directement sur le ciel en déclarant (à peu près) que c'était son plus grand monochrome.

Les dates de Giambattista (1696 pour la naissance et 1770 pour la mort) le font incontestablement contemporain de Casanova, de Vivaldi, du président de Brosses et de l'agent secret Camillo Pasini (entre autres), tous personnages du récit d'Alain Buisine. Pourquoi Tiepolo plutôt que le Titien, le Tintoret, Guardi ou Canaletto, qui comme lui se rendirent illustres dans la Sérénissime (et lui assurèrent en retour sa renommée), et vécurent au moins aussi longtemps que lui? Parce que c'est un bel exemple d'artiste heureux, explique l'auteur. Non seulement il mourut septuagénaire, mais il était doué, si doué qu'«il fait un tableau en moins de temps qu'il n'en faut à un autre pour broyer ses couleurs», s'il faut en croire le comte de Tessin, bref, un véritable Lucky Luke du pinceau.

Un mariage heureux avec la soeur Guardi, neuf rejetons, des commandes comme s'il en pleuvait (et d'ailleurs, il pleut dans la Venise de Buisine), et donc des revenus confortables. Que demande le peuple? Il en redemande, le peuple, et Buisine

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