Les romans d'Olivier Targowla, voici le quatrième, nous captivent de
moins en moins, et pourtant, à mesure que notre intérêt primaire diminue, le regret qu'on a de ne pas les aimer plus, mieux, augmente, et avec lui l'envie de les défendre. Comme si leur objet même était de décevoir et que la façon dont ils s'acquittent de cette tâche les rendait irréprochables. Naguère, Jackie Berroyer publia un roman intitulé Je suis décevant, il se vantait, le livre était drôle et pâteux d'humanité. Ici, non, le livre s'appelle Distances et il semble difficile de s'en tenir plus éloigné.
Olivier Targowla fait oeuvre de modestie, il peaufine depuis quatre livres une langue distante, apte à exprimer ces qualités, des phrases courtes et simples, la plupart réduites à une proposition indépendante, elles ne s'encombrent jamais de plus d'une subordonnée. Peu d'adjectifs, peu d'adverbes. Comme si la courtoisie de l'auteur consistait à ne pas importuner le lecteur par un volume trop élevé, Targowla écrit comme on s'excuse. Il tient ses distances et, à force de ne pas déranger, il court le risque d'ennuyer, si on peut appeler ça courir. Il n'ennuie jamais mais réussit fort bien à ne guère intéresser.
Il présente cependant une histoire à laquelle on pourrait croire, un héros susceptible de nous toucher, des personnages secondaires aussi discrets que lui, des lieux, des voyages, des distances. Mais non, pas d'aspérités, tout glisse, mélancolique comme la vie. Laurent Walkenaër a 34 ans, sa mère se meur




