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Shakespeare and Co...

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En est-ce ou n'en est-ce pas? Exhumée par un chercheur américain et aujourd'hui traduite, «l'Elégie funèbre», poème de 578 vers pour un jeune homme assassiné et signée W.S., est présentée, informatique à l'appui, comme étant de Shakespeare. La question est loin d'être tranchée chez les exégètes de l'auteur d'«Hamlet». Dossier de la polémique.

Publié le 20/06/1996 à 7h32

Mystères autour de sa biographie, mystères autour de son oeuvre: près

de quatre cents ans après sa mort, William Shakespeare continue d'alimenter la chronique, de susciter des débats passionnés et contradictoires. Plusieurs de ses pièces sont perdues, et depuis l'exhumation de ses fameux Sonnets à la fin du XVIIIe siècle, de nombreux poèmes ont été attribués avec plus ou moins de sérieux au dramaturge élisabéthain. On a même dit qu'il n'avait jamais existé. Un chercheur américain, Donald W. Foster, focalise à nouveau l'attention sur l'homme de Stratford upon Avon. Agé de 45 ans, ce professeur de littérature anglaise au Vassar College (Etat de New-York) affirme en effet avoir découvert et authentifié comme étant de Shakespeare une Elégie funèbre de 578 vers, imprimée en 1612 par Thomas Thorpe, libraire et éditeur des Sonnets de Shakespeare, et signée «W.S.». Deux exemplaires subsistent de cette édition, dûment conservés à Oxford, mais apparemment personne avant Donald Foster n'a songé à faire le rapprochement entre «W.S.» et Shakespeare. Cette Elégie est aujourd'hui publiée en France dans une édition bilingue, précédée d'une longue introduction de Donald Foster dans laquelle il développe ses arguments en faveur de l'attribution de ce long poème à l'auteur d'Hamlet.

C'est en 1984, alors qu'il prépare une thèse sur l'imprimeur Thomas Thorpe, que Donald Foster lit pour la première fois l'Elégie funèbre, composée «en vertueuse mémoire de feu Mr William Peter, de Whipton, près Exete

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