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Libération

Rubrique Aubrac.Raconté par lui-même, l'itinéraire d'un «électron libre», qui, de la Résistance à la guerre du Viêt-nam, dresse un bilan de son action globalement positif. RAYMOND AUBRAC. Où la mémoire s'attarde. Odile Jacob, 378 pp., 150 F.

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Publié le 12/09/1996 à 22h24

Avec Lucie, Raymond Aubrac forme un couple mythique de la Résistance

française. Autant dire que les souvenirs de cet homme, s'effaçant volontiers devant sa volubile épouse, étaient attendus avec curiosité. Les amateurs de scoops seront certes déçus, l'ouvrage offrant peu de révélations sensationnelle. Mais les curieux liront avec plaisir une somme qui, s'ouvrant en 1914 pour déboucher sur les années quatre-vingts, présente l'itinéraire d'un grand résistant dans sa cohérence, avant et après-guerre compris.

Né le 31 juillet 1914 ­ jour de l'assassinat de Jean Jaurès ­ dans une famille juive républicaine, Raymond Samuel (Aubrac est son nom de résistant) a traversé le siècle en tentant, par conviction et par éthique, d'en infléchir le cours. Participant dès les origines à la Résistance, où il anime le mouvement Libération-sud, il est arrêté par la Gestapo et questionné par Klaus Barbie mais il parvient miraculeusement à s'évader, grâce au stratagème conçu par son épouse Lucie. Député à l'Assemblée consultative dont il démissionne rapidement, écarté des services secrets (Frenay et Mayer y jugeant la présence de juifs trop massive...), il refuse au cours d'une entrevue mémorable ­ et jusque lors inédite ­ les postes que De Gaulle lui propose, préférant s'engager comme sous lieutenant dans les paras. Par la suite, Raymond Aubrac gagne la région marseillaise où il exerce les fonctions de Commissaire de la République.

Mais ce super-préfet, outre l'administration de sa région, entend ég

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