Nouk vieillit plus vite que nous. Elle était toute petite fille dans
les Filles en 1987, à peine reconnaissable dans l'Evangéline de Madame Placard en 1989, adolescente, prête à aimer, déjà grande dans Petite en 1994, et la voilà, deux ans plus tard, divorcée et maman d'un petit Eugénio dégourdi comme un ressort, toute une génération enjambée en moins de dix ans. Dans l'un de ces livres, Geneviève Brisac explique que «Nouk» est une façon aimable d'accourcir le prénom de Geneviève, ce qui ne suffit pas à affirmer l'hypothèse autobiographique, pas même une présomption, tout juste un indice. Week-end de chasse à la mère est un livre drôle pour raconter une histoire triste, c'est dire si c'est un drôle de livre.
Une mère élève seule son fils, elle a renoncé à une carrière artistique, la peinture, pour des raisons de fond qui en cachent peut-être d'autres, elle travaille dans une bibliothèque de recherches pédagogiques pour connaître la vie de bureau, mais on sent bien que son vrai métier, son vrai plein temps, c'est d'être la maman d'Eugénio, un sacré boulot. Ils ont des codes, des agacements, des disputes, ils s'aiment. Ils aiment la reine d'Angleterre, les fausses surprises, les Mc Do(s?), les séries télés, les animaux en cage, les vétérinaires, les fleuristes, les conversations des taxis, des blanchisseuses, la Petite Maison dans la prairie, tout ce qui entre un adulte et un enfant demande cet effort convergent d'où naît la complicité. Ils aiment Paris, la mauvaise foi, les ra




