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Critique

Beyle et la belle.Par Stendhal, un ouvrage un peu rapide de la peinture en Italie, prétexte pour vivre un amour tourmenté avec une jolie milanaise. STENDHAL Histoire de la peinture en Italie . Edition établie par Vittorio Del Litto, Gallimard, «Folio Essais», 712 pp., 56 F.

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Publié le 26/09/1996 à 10h26

L'Histoire de la peinture en Italie que Stendhal publia à ses frais

et anonymement en 1817 n'a pas grand-chose à voir avec la peinture ni avec l'Histoire. Avec l'Italie, si. Boudé par les spécialistes de l'art comme par ceux des études beyliennes, l'ouvrage est obstinément passé sous silence. Ce discrédit n'était pas du goût de Vittorio Del Litto qui, dans un louable souci de réhabilitation, propose une édition en poche du texte intégral. Répondant à une compulsion bibliophilique évidente, l'ouvrage répare-t-il pour autant une réelle injustice? Oui et non. Les lecteurs qui, alléchés par le titre, penseraient trouver matière consistante sur la peinture italienne seront évidemment déçus.

Depuis une ouverture sur les primitifs jusqu'à un épilogue pédagogique intitulé «Cours de cinquante heures», le parcours emprunte un allure cavalière qui ne s'embarrasse guère de cohérence. Les deux peintres bénéficiant d'un traitement de faveur sont les seuls Léonard et Michel-Ange. L'absence de manuel français sur la question pouvait, à l'époque, justifier une telle entreprise. Aujourd'hui les amateurs disposent d'une conséquente bibliographie. L'intérêt résiderait-il alors dans l'originalité du point de vue adopté par l'auteur du Rouge et le Noir? Stendhal est plus doué pour parler de goût que d'histoire, et ses développements sur la notion de «Beau moderne», par opposition au «Beau idéal», sont tout à fait pertinents, même s'ils s'appliquent davantage à la littérature qu'à la peinture, parce

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