Premier roman et, comme on dit, pour un coup d'essai, c'est un coup
d'essai. Un coup d'élève, d'excellent élève. Marc Weitzmann, journaliste littéraire aux Inrockuptibles, connaît la musique, son écriture est irréprochable, il voit les choses derrière les choses et ne s'en cache pas, il a le sens de la formule, de l'image, des dialogues allongés sans ennui jusqu'à croire lire un script de cinéma. Tout est bien pesé, emballé, parfait. On lit sans rechi-gner. On ne marche pas.
Il a pourtant pris soin de monter d'une histoire dans l'air du temps des personnages facilement identifiables à nos stéréotypes d'époque, le french doctor médiatique, la beurette maligne et sexy, morale, le haut fonctionnaire idéaliste et prévaricateur, la beauté alcoolique, le ministre incompétent, le journaliste désabusé. Caisses noires, oies blanches, sociétés d'études bidon, argent sale, amour propre. Des problèmes de conscience, de sincérité entre Minitel rose et andropause. Des choses vues à la télé et commentées dans les bars du centre-ville. Marc Weitzmann a beau ne jamais en faire trop, ne jamais déshumaniser ses personnages jusqu'à leur caricature (ils sont même plutôt en deçà des modèles qu'on leur suppose), on ne marche pas.
Comme si à force de vouloir trop bien faire, on finissait par faire trop bien, comme au plan de la littérature apprise, convenue. Trop bien, c'est déjà trop. On ne lit pas aussi bien que Marc Weitzmann écrit. La perfection des moyens nuit à l'adhésion du lecteur, les oeuv




