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Critique

Le Who's who des intellos. Premier du genre, le «Dictionnaire des intellectuels français» entend couvrir tout le siècle. Mais une liste de noms fait-elle une histoire? Sous la direction de Jacques Julliard et Michel Winock : Dictionnaire des intellectuels français Seuil, 1 260pp., 295F.

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Publié le 03/10/1996 à 23h34

De Raymond Abellio à Emile Zola ou encore de l'affaire Dreyfus à la

mobilisation contre la guerre en ex-Yougoslavie, Jacques Julliard et Michel Winock, épaulés par Pascal Blamand et Christophe Prochasson, proposent un Dictionnaire des intellectuels français dont la pertinence repose selon eux sur l'hypothèse que «toute la recherche dans les sciences sociales s'est lentement déplacée, au cours des vingt dernières années, de l'étude des masses anonymes à celles des élites de tous ordres qui en sont les acteurs les plus visibles». Plus de 240 auteurs ont contribué à ce dictionnaire dont l'ambition est de «rassembler les acquis de la recherche» en ce domaine (on pense évidemment aux travaux de Pierre Bourdieu en sociologie, ou de Pascal Ory et Jean-François Sirinelli, sur un plan plus historique) pour présenter «une histoire globale des intellectuels au XXe siècle». L'ensemble compte plus de huit cents entrées, qui ne sont pas toutes biographiques: certaines évoquent des lieux, «réels ou symboliques», qui ont contribué à donner aux intellectuels français leur «dimension sociale», et d'autres des «moments», jugés importants par les interventions d'intellectuels qu'ils ont suscitées. C'est ainsi qu'on lira des notices sur le CNRS ou l'Ecole normale supérieure, sur le Comité national des écrivains ou la fondation Saint-Simon, sur l'école d'Uriage ou le cercle Bernard-Lazare, ou encore sur les journaux et revues qui ont exprimé l'engagement des intellectuels. De même, on pourra se re

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