U ne des plus célèbres librairies de Saint-Germain des Prés, est sur
le point de disparaître du paysage germanopratin. Située à l'angle de la rue Bonaparte et de la rue de l'Abbaye, la librairie Le Divan, fondée au début du siècle par Henri Martineau, risque de devenir un magasin Dior. Gallimard, propriétaire du bail (mais pas des murs, qui appartiennent à la Ville de Paris), a signé en effet une promesse de vente avec le couturier, mais Pierre Cohen-Tanuggi, directeur général de Gallimard, reste très prudent: il n'est pas certain que la négociation aboutisse. Il admet toutefois que la maison Gallimard se pose depuis un certain temps la question de l'utilité de maintenir cette librairie dans un quartier qui est en train de se transformer en annexe du Faubourg Saint-Honoré: «nous sommes navrés de voir comment le quartier change mais ne pouvons pas suivre les enchères immobilières», explique-t-il. Mais il refuse de parler de «fermeture» du Divan. Gallimard envisage en effet un «transfert» de la librairie dans un quartier plus populaire, le XVème arrondissement: des négociations sont en cours pour l'acquisition d'un local beaucoup plus grand, mais affirme Pierre Cohen-Tanuggi, «aucune des deux opérations n'est conclue ni même assurée». Cette affaire remet-elle en cause la politique de Gallimard en matière de librairies? Non, rétorque Pierre Cohen-Tanuggi, qui reconnaît toutefois que l'objectif premier de Gallimard n'est pas de développer systématiquement son réseau de librairi




