Menu
Libération
Interview

Un Français libre. Officier évadé des camps allemands puis soviétiques, Jean-Louis Crémieux-Brilhac rejoint Londres en 1941, où il participe à l'état-major de la propagande gaulliste. Un demi-siècle après, il se fait l'historien de la France libre. Entretien.

Réservé aux abonnés

Publié le 31/10/1996 à 22h58

Peut-on devenir l'historien de sa propre vie? On est tenté de

répondre affirmativement devant le travail de Jean-Louis Crémieux-Brilhac. Cinquante ans après avoir participé activement à Londres au combat de la France libre, Jean-Louis Crémieux-Brilhac publie en effet une somme de près de mille pages sur les hommes , militaires et civils, qui, autour du général de Gaulle et dès le lendemain du 18 juin 1940, ont dit non à la défaite et organisé la «résistance extérieure» à Hitler (lire article page suivante). Déjà auteur d'une remarquable étude en deux volumes des Français de l'an 40, et après une carrière de haut fonctionnaire et de conseiller d'état, Jean-Louis Crémieux-Brilhac a tenté cette fois un retour sur son propre passé de «Français libre»: le revisitant avec la distance critique indispensable, il avait peut-être l'avantaged'avoir «une sensibilité particulière à ce que dissimule l'événementiel, en même temps que le souvenir irremplaçable de la tonalité des choses». Rencontre avec un «historien témoin».

Qui êtes-vous en 1939?

Avant guerre, j'étais un étudiant du Front populaire. Même si je n'appartenais à aucun parti politique, j'avais participé au refus de 34 et à l'espoir de 36. J'étais le plus jeune membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. J'ai assez bien connu Eluard et quelques réfugiés politiques allemands. En 1939, j'ai fait ma préparation d'élève officier à Saint-Cyr, d'où je suis sorti aspirant. Quand la guerre a éclaté, je me suis retrouvé

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique