Zanzibar est une île et la proximité de Zanzibar aussi proximale
soit-elle risque fort de nous trouver le bec dans l'eau. L'ordre alphabétique nous enseigne qu'à Zanzibar on est à deux doigts de la fin. Le second roman de Robert de Goulaine envoie son héros, le chevalier, Jean de Tistanel vers Zanzibar, il l'expédie là-bas, tout cousu d'or, sans trop se soucier qu'il y parvienne ou pas. Mais après tout, les romans n'ont pas à tenir les promesses qu'ils font, à condition d'en tenir d'autres, indicibles: surprendre et se faire aimer. Ne pas décevoir.
Mêmes les éditeurs se font parfois piéger, ou piègent, ainsi le critique qui ne lirait que la quatrième page de couverture pourrait se laisser aller à vous recommander (il fera bien) la lecture de cette histoire: «Un beau matin, Jean de Tistanel décide de partir pour Zanzibar, ses valises chargées de pièces d'or, accompagné du Grand Larousse, dont, pas plus que Don Quichotte de Sancho Pança, il ne saurait se séparer» (page 118), à l'orée du dernier quart du livre, nous sommes déjà rendus au Zaïre, bien près du but si l'on en croit l'alphabet, il est enfin question du dictionnaire promis, en dix-sept volumes, le citoyen Zombie, conservateur d'un musée personnel de tératologie interroge Tistanel sur l'excellent ouvrage et celui-ci lui répond: «Je ne voyage pas avec!», et, plus tard, l'inventaire exhaustif de la malle de voyage du chevalier (page 143) confirmera l'absence du dictionnaire. Bon qu'est-ce que cela prouve? Rien. Rien sin




