Dans la galaxie des hiérarques nazis, l'astre Ribbentrop brille d'un
bien faible éclat. Personnage falot , l'ancien ministre allemand des Affaires étrangères (1936-1945) n'a laissé qu'une trace furtive dans l'Histoire. On aurait tort, toutefois, de remiser l'ouvrage de Michael Bloch au magasin des livres inutiles, dans la mesure où il éclaire le fonctionnement du régime nazi.
Certes, le lecteur trouvera au premier chef le portrait accablant d'un ministre incompétent et prétentieux. Né en 1893 dans un milieu bourgeois, ancien combattant de la Grande Guerre, représentant en vins et spiritueux dans les années 20, Ribbentrop n'appartient pas à la clientèle type du parti nazi qui recrute plutôt des déclassés. Fort riche, Ribbentrop mène au contraire une vie fastueuse à la mondanité tolérante, le couple Ribbentrop n'étant pas, à l'époque, antisémite. La rencontre avec Adolf Hitler toutefois va infléchir le cours de cette existence paisible.
Grâce à ses relations, Ribbentrop joue en effet les entremetteurs entre la droite conservatrice et le parti nazi, permettant à Hitler d'accéder au pouvoir en 1933. Il tente alors de monnayer le service rendu en réclamant le ministère des Affaires étrangères. Mais son incompétence le disqualifie et Ribbentrop doit, dans un premier temps, se contenter d'animer un bureau diplomatique parallèle avant de devenir ambassadeur à Londres (1936-1938). D'innombrables gaffes émaillent son séjour. Salut nazi devant le roi, envoi en allemand (et non en anglais)




