Aux côtés du général de Gaulle qu'il a servi comme aide de camp,
Claude Guy a, de janvier 1946 à septembre 1949, recueilli les gestes et paroles du grand homme dans le silence de Colombey ou l'agitation du microcosme parisien. Longtemps inaccessible, son journal est enfin disponible. Outre les innombrables faits qu'il rapporte, l'ouvrage permet surtout, «en écoutant de Gaulle», de mieux comprendre un homme trop souvent dissimulé derrière le vaste képi de sa légende.
Au fil de la conversation, de Gaulle revient sur la grande affaire de la France libre. Profitant de l'oreille complaisante de son confident, il apporte une précision sur un point, distille une confidence sur tel autre et surtout, peint une série de portraits qui n'épargnent guère de dirigeants, de Weygand à Blum en passant par Herriot. Mais l'intérêt de l'ouvrage réside dans le dévoilement de la stratégie que le Général, écarté du pouvoir en janvier 1946, entend suivre pour revenir aux affaires. Sur ce point, le Journal de Claude Guy apporte plus d'une révélation. Il montre un de Gaulle écartant l'hypothèse d'une dictature mais envisageant de se porter à la présidence de la République, récusant le système des partis mais se résolvant à créer le Rassemblement du peuple français en 1947. Son génie politique éclate, tant l'homme prévoit la marche des événements. Tel un prestidigitateur sortant un lapin de son chapeau, il peut ainsi annoncer, à un Claude Guy éberlué, la constitution d'un gouvernement Blum homogène (alo




