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Critique

Mario de Andrade, champion du Brésil.

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Figure de l'avant-garde brésilienne dans les années vingt, Mario de Andrade fut le chef de file d'un retour aux sources, incarné dans un roman loufoque, «Macounaïma». Itinéraire d'un poète, musicologue et «apprenti touriste». Et rencontre avec Claude Lévi-Strauss, qui fonda avec lui la Société d'ethnographie de Sao Paulo.

Publié le 06/02/1997 à 22h19, mis à jour le 06/02/1997 à 22h19

En février 1924, Blaise Cendrars est au Brésil, à l'invitation de ses amis modernistes, qui l'accueillent comme un héros, à Rio de Janeiro d'abord, à Sao Paulo ensuite. Parmi eux, Mario de Andrade, trente ans, figure clé du movimento modernista, écrit: «Blaise Cendrars a éclaté en nous comme une grenade au petit matin...» De fait, les Pâques à New York, Prose du Transsibérien et surtout l'Anthologie nègre ont enthousiasmé les jeunes écrivains et artistes brésiliens: ils y ont trouvé comme des échos de leur propre «primitivisme».

Avec ses hôtes, à qui il trouve «un talent fou, de l'esprit, de la drôlerie, un vocabulaire populaire, argotique, nègre, et un sens aigu de la provocation, de la polémique, de l'actualité» ­ il leur dédiera d'ailleurs ses poèmes de voyage brésiliens, Feuilles de route ­, Cendrars part en expédition pendant la semaine sainte dans le Minas Gerais, l'ancienne région des mines d'or et de diamant. Cette équipée n'est pas seulement une révélation pour le bourlingueur parisien. Elle l'est aussi pour ses compagnons, qui font là, à l'initiative de Mario de Andrade, un «voyage de découverte du Brésil». Elevée jusque-là dans la domination et l'admiration sans partage de la culture européenne, l'avant-garde artistique brésilienne opère alors un inédit mouvement de retour aux sources et de questionnement identitaire, dont Mario de Andrade, l'auteur du roman Macounaïma et du journal de voyage l'Apprenti touriste, aujourd'hui traduits (1), est un porte-parole emblém

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